Inde / Valse des prix
7 janvier 2008Il est monnaie courante dans tous les pays d’avoir à subir les tarifs “spécial touriste”, surtout quand on est touriste !
C’est peut être un jeu lorsque la hauteur des prix est raisonnable mais en Inde, cela est devenu une activité à part entière voire un sport de haut niveau !
Aussi faut-il à chaque achat parlementer, négocier voire sympathiser afin d’atteindre au plus près le prix qui semble juste. A force cela devient un réflexe et on négocie la chambre d’hôtel, le plat du jour ou le paquet de biscuit et surtout le rouleau de papier toilette qui en l’occurrence n’existe que pour le touriste ;o)
Il y a des touristes partout en Inde, il y a donc des marchands peu scrupuleux partout en Inde.
Bien sûr, nous n’avons pas échappé à quelques mésaventures pécuniaires.
Les prix imprimés
Le prix nationalement imposé et imprimé sur la plupart des produits emballés limite la fraude et l’inflation mais dans certains quartiers hautement touristiques, certains commerçants n’hésitent pas à gratter, masquer, recouvrir ces prix pour proposer le leur ,plus élévé…
Le petit restoroute
Pour le déjeuner, nous privilégions souvent l’arrêt dans les petits restos qui bordent la route, l’équivalent du resto routier…
Ce sont des cabanes proposant toute la journée quelques plats présentés dans des marmites, une ou deux tables et quelques chaises à l’extérieur… Ce n’est pas cher, correct mais bien souvent extrêmement épicé.
Malgré tout, plus d’une fois le « restaurateur » a tenté de nous facturer le plat au prix des grands hôtels que nous ne fréquentons même pas ! Nous avons toujours réussi à nous en sortir en ne payant que la somme normale sauf une fois, où, lorsque nous avons dénoncé la supercherie, refusant de payer la somme demandée, la mauvaise foi du marchand l’entraina jusqu’à refuser totalement notre paiement, prétextant que puisque ce n’était pas assez, il refusait tout net les billets. Bouh, mauvais plan... comme si on partait sans payer... Une discussion très animée s’en est suivie où Fred et le restaurateur se sont échangés la liasse de billets pendant 1/4 heure avant que l’arrivée d’un nouveau client, indien cette fois, y mette un terme. Finalement, le patron a rapidement empoché l’argent sans mêler le nouveau venu au débat, trop honteux sans doute de montrer à son concitoyen l’arnaque qu’il tentait…
Le rickshaw
Les rickshaws sont ces petites charriotes tractées par une moto ou par un vélo, ce sont les taxis des villes et des campagnes que l’on croise du Pakistan jusqu’en Asie du sud-est. Là encore, le marchandage est de mise et ce bien-sûr avant la course. On annonce sa destination, le taxi propose un prix double voire triple. On divise donc la somme par trois ou quatre et on négocie jusqu’à arriver à un tarif acceptable. Si dans le meilleur des cas le conducteur vous mène exactement à l’endroit demandé et sans détour par quelque boutique de son choix, il est quand même possible qu’il vous réclame de nouveau son tout premier prix, prétextant que la course était plus longue qu’il ne l’avait imaginé ou toute autre mauvaise excuse qui lui passe par la tête. Bon nombre de victimes tentent de refuser et de mini scandales éclatent régulièrement sur le trottoir.
Une de nos altercations s’est résolue avec l’aide d’un passant justicier, fait rarissime, qui a pris le temps de se faire expliquer les détails de la course et a confirmé le tarif négocié au début, s’improvisant grand défenseur des malheureux étrangers que nous étions ;o)
Par vengeance, notre petit plaisir à Delhi était de demander le prix d’un trajet à un rickshaw sachant très bien que nous l’effectuerions à pied ou en métro, rien que pour envoyer paître le conducteur malhonnête. Ce n’est pas beau mais ça fait du bien !
Le lavage de moto
Il y a beaucoup de petites motos en Inde sans oublier les magnifiques Royal Enfield qui font la fierté de leurs propriétaires. A défaut d’être bien entretenues, elles sont au moins parfaitement propres et l’on trouve facilement dans les villes des stations de lavages pour ces véhicules. Encore une boutique où les prix ne sont pas affichés et lorsqu’ils nous voient arriver sur nos grosses montures, leurs yeux se mettent à briller. Encore une bonne occase de rouler un client étranger. Il y a beaucoup de touristes à moto en Inde.
A Delhi, dans le quartier des magasins de moto, nous dénichons une petite station de lavage fréquentée uniquement par des locaux. Pour une fois, le commerçant nous annonce 50 roupies. C’est raisonnable quoique plus élevé que notre dernière expérience en la matière. Nous demandons confirmation à un des clients avec qui nous discutons depuis quelques minutes. Il nous annonce au pif le double et s’en va discrètement murmurer à l’oreille du laveur, puis ricane en nous regardant de biais. La scène ne nous a pas échappé, à l’affût que nous sommes d’éventuelles arnaques. Avant d’engager nos motos, nous demandons confirmation du tarif et surprise, le laveur nous annonce 200 roupies ! C’en est trop, Fred se fâche tout rouge, maudit à haute voix le client mal intentionné. Ce dernier n’en mène pas large et se réfugie derrière la foule qui s’est réunie autour de nous. L’un des observateurs, choqué par la hausse du prix nous indique une autre adresse, qui ne sera pas plus honnête que la première. Cette fois encore, nous laverons nous-mêmes nos motos, devant l’hôtel !
Le marché
Une de mes activités favorites est de parcourir les marchés de tissus, admirer les étoffes, les soies, les cotonnades, tous ces trésors colorés que l’Inde peut offrir. Mais le plaisir des yeux, ça va un temps. A Delhi, je me suis décidée à passer une après-midi entière pour dénicher un tissu et me faire confectionner une tenue indienne.
J’arrive donc au marché aux étoffes de Delhi et c’est magnifique : des couleurs vives de toutes parts, du rose, du vert, des broderies, des imprimés... Tout est beau ! C’est amusant aussi car autant la clientèle est uniquement féminine, autant les vendeurs ne sont que des hommes ! On assiste donc à des scènes assez cocasses d’hommes s’enroulant gracieusement le corps de saris afin de montrer à leur cliente l’effet final de la marchandise.
Après quelques boutiques et beaucoup de discussions, je trouve enfin un modèle qui me plaît. Je demande un premier prix et l’on m’annonce 300 roupies. Cela me parait honnête pour un premier prix mais n’ayant pas encore fait le tour du marché, je décide de continuer ma visite sans entamer la négociation. Erreur ! Lorsque je reviens plus tard pour parlementer, le vendeur m’annonce qu’il est à 800 roupies. 800 ??? Il était à 300 il y a quelques minutes ! Mais mon filou monte immédiatement sur ses grands chevaux et me rétorque l’air hautain que mon mauvais anglais est la cause de mon incompréhension. Je veux bien ne pas être très douée en anglais mais pour confondre "three hundred" et "eight hundred", il faut aussi que je sois dure de la feuille ! Vexée, je lui rétorque que mon anglais est bien meilleur que le sien et me tourne vers les employés qui, morts de rire, n’ont pas perdu une miette de la scène. Le patron s’en va et me laisse à ses aides qui reprennent sans difficulté la négociation à 300 roupies. Mais c’est fini, je n’en veux plus ! Je quitte la boutique et croisant le patron, je lui exprime ma colère légitime : Il est un voleur et il a perdu une vente ! Tout ça, dans mon mauvais anglais, na !
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